Tas de cartouches de jeu à étiquette vierge, empilées en vrac

Un jeu homebrew est un jeu neuf, écrit aujourd'hui pour une machine des années 1990, puis publié par son auteur. Vous le téléchargez sur sa page, vous le copiez sur votre carte microSD, il se lance comme les autres. Aucune zone grise : le fichier vous est remis par la personne qui l'a fabriqué. La scène produit chaque année des dizaines de titres finis, dont certains soutiennent la comparaison avec les productions commerciales de l'époque. Voici cinquante jeux dont nous avons vérifié un par un le nom, la plateforme, l'auteur et le mode de distribution.

Ce qu'est le homebrew, et pourquoi la légalité ne pose pas de question

Le homebrew est un logiciel écrit par un développeur indépendant pour une console à laquelle il n'est lié par aucun contrat. Code neuf, graphismes neufs, musique neuve : c'est une création originale qui vise un matériel ancien, pas la copie d'un jeu existant. L'auteur détient donc les droits et décide de diffuser. Quand il met une ROM en téléchargement sur sa page, il vous accorde le droit de la prendre. Beaucoup publient aussi le code source, sous MIT, zlib ou GPL.

Les modèles varient : gratuit, prix libre, payant, ou vendu en cartouche par un éditeur. Nous n'avons retenu que des jeux téléchargeables sans payer, en signalant les cas où seule une démo l'est.

Le homebrew ne dispense pas de connaître le cadre général. Pour les jeux commerciaux, les copies de sauvegarde et les catalogues officiels, notre page où jouer légalement fait le point.

Game Boy et Game Boy Color : dix jeux

  • Deadeus — Game Boy, par -IZMA-. Horreur en noir et blanc : un enfant rêve que son village va mourir dans trois jours. Onze fins, prix libre.
  • Tobu Tobu Girl — Game Boy, par Tangram Games, musique de potato-tan. Arcade vertical exigeant, gratuit, code source sous MIT et CC-BY.
  • Tobu Tobu Girl Deluxe — Game Boy Color, par Tangram Games. La même mécanique en couleurs, ROM tobudx.gb libre.
  • Dangan GB — Game Boy, par snorpung et nordloef. Shoot'em up à tirs denses, six boss à phases multiples, sur une machine qu'on n'attendait pas là.
  • Opossum Country — Game Boy Color, par BenJelter. Enquête d'horreur d'une demi-heure dans un parc de mobil-homes, en 512 ko.
  • Soul Void — Game Boy, par Kadabura. Exploration sombre et narrative ; la version Redux ajoute une ROM pour le vrai matériel.
  • Sheep It Up! — Game Boy, par Dr. Ludos. Un mouton grimpe en s'accrochant à des bandes velcro volantes. Trente-deux kilo-octets, un score.
  • DMG Deals Damage — Game Boy, par Dr. Ludos. La Game Boy d'origine part récupérer son gâteau d'anniversaire. ROM de 32 ko et manuel.
  • GB-Wordyl — Game Boy et Game Boy Color, par bbbbbr. Un Wordle en plusieurs dictionnaires, code source ouvert.
  • µCity — Game Boy Color, par AntonioND. Gestionnaire de ville complet sous GPLv3, seize villes sauvegardées.

Game Boy Advance : sept jeux

  • Anguna — par gauauu. Action-aventure en vue de dessus, l'un des plus anciens homebrew GBA encore distribués par son auteur.
  • Skyland — par evanbowman. Stratégie en temps réel sur une portable de 2001, livrée en Skyland.gba.
  • BlindJump — par evanbowman. Aventure à niveaux générés, objets à collecter, affrontements réguliers.
  • Varooom 3D — par GValiente, Kaappis et tempest. Course en pseudo-3D qui pousse la machine ; code et ressources sous zlib et CC.
  • Butano Fighter — par GValiente. Shoot'em up gratuit qui sert de démonstration au moteur libre Butano.
  • MeteoRain — par Dr. Ludos. Jeu d'arcade court produit pour la GBA Jam 2021.
  • Goodboy Galaxy — démo gratuite. Le jeu complet est commercial, mais la démo montre ce que la GBA encaisse aujourd'hui.

NES : quinze jeux

  • Böbl — par Morphcat Games. Metroidvania sous-marin où l'on dirige une bulle : maintenir A pour plonger, relâcher pour remonter.
  • Spacegulls — par Morphcat Games. Plateforme à un ou deux joueurs, entre Joust et Mega Man, en 64 ko.
  • Super Bat Puncher — par Morphcat Games. Démo gratuite d'un jeu resté inachevé, citée comme démonstration technique de référence.
  • FROM BELOW — par Matt Hughson. Puzzle-action gratuit livré avec manuel et jaquette, en 40 ko.
  • Nova the Squirrel — par NovaSquirrel. Plateforme avec copie de pouvoirs et énigmes ; l'auteur publie tout en source ouverte.
  • Sliding Blaster — par NovaSquirrel. Shoot en vue de dessus où l'on glisse en permanence, munitions comptées. Code sous zlib.
  • Old Towers — par RetroSouls, musique d'Oleg Nikitin. Puzzle-action dans des tours piégées, deux héros à alterner.
  • Galactor — par Dr. Ludos. Shoot'em up conçu pour tenir dans une cartouche Game Genie. Source commentée sous MIT.
  • Alter Ego — par Shiru. Portage d'un jeu de réflexion et de plateforme du ZX Spectrum, diffusé avec son code.
  • Lan Master — par Shiru. Jeu de logique à base de connexions, gratuit, code fourni.
  • Lawn Mower — par Shiru. Jeu d'arcade minimal, souvent le premier exemple cité par qui apprend à développer sur NES.
  • Zooming Secretary — par Shiru et PinWizz. Jeu d'arcade original, gratuit, code fourni.
  • Wolfling — par Lazycow. Ling alterne forme humaine et forme de loup pour s'échapper d'un donjon. ROM de 43 ko.
  • Light From Within — par Atarath. Action-aventure dont la démo est distribuée en ROM gratuite ; la version complète sera payante.
  • Super Tilt Bro. for NES — par sgadrat. Combat sur plateformes à prix libre, avec mode en ligne quand la cartouche embarque la puce Wi-Fi.

Super Nintendo : quatre jeux

  • The Last Super — par Dr. Ludos. Vingt niveaux de plateforme pour les trente ans de la console, ROM de 256 ko.
  • Keeping SNES Alive! — par Dr. Ludos. Une cartouche à faire circuler entre quatre consoles pour qu'aucune ne s'endorme. Code C fourni.
  • Dottie Flowers — par Goldlocke. Six niveaux de plateforme dans l'esprit des productions allemandes de 1990, variante en écran large.
  • Supercooked! — par Goldlocke, bennysnesdev et ChronoMoogle. Cuisine coopérative jusqu'à quatre joueurs, huit niveaux.

Mega Drive : cinq jeux

  • Zero Tolerance — par Technopop. Cas particulier : ce jeu de tir subjectif de 1994 a été remis en téléchargement libre par le détenteur des droits, avec sa suite inédite.
  • 30 Years of Nintendon't — par Dr. Ludos. Hommage aux trente ans de la console, en .bin gratuit.
  • Break An Egg — par Dr. Ludos. Produit pendant une jam d'une heure ; ROM et code source publiés ensemble.
  • Aratu & Shaolin — par Amaweks et l'équipe Mangangá. Deux jeux de combat à défilement d'inspiration brésilienne, gratuits.
  • Abyssal Infants — par kakoeimon. Shoot difficile jouable à deux, décliné aussi sur Neo Geo et PlayStation 1.

PC Engine : deux jeux

  • Reflectron — par Aetherbyte Studios. Jeu de score à base de rebonds laser, prix libre.
  • Nantettatte Engine — par Aetherbyte Studios. Shoot d'arcade pour les trente ans de la console : abattre les ennemis avant qu'ils ne touchent le sol.

Autres machines : sept jeux

  • Mai Nurse — huit machines, par lunoka. Puzzle à pilules dans la lignée de Dr. Mario, décliné sur Game Boy, NES, SNES, Master System, Game Gear, Mega Drive et PC Engine.
  • Devwill SMS — Master System, par Amaweks. Plateforme d'action d'inspiration horrifique ; démo en .sms, version complète via revendeurs.
  • Plug 'N' Repair — Nintendo 64, par Dr. Ludos. Expérience courte fondée sur le branchement d'une manette dans les quatre ports. ROM .z64, source MIT.
  • Running Knight — Atari Lynx, par Dr. Ludos. Un chevalier court sans s'arrêter dans un labyrinthe de piliers. Formats .lnx et .lyx.
  • Blasting Robots — Atari Lynx, par Dr. Ludos. Shoot en vue de dessus, jeu de score, code commenté.
  • Mini Running Ant — Pokémon Mini, par Dr. Ludos. Une machine que la scène ne sert presque jamais, et l'un des rares jeux neufs gratuits qui lui soit destiné.
  • MeteoRain — Dreamcast, par Dr. Ludos. La même idée que la version GBA, portée sur Dreamcast pour un concours.

Où les trouver, source par source

Source Ce qu'on y trouve Remarques
itch.io La page personnelle de la plupart des auteurs, ROM comprise Gratuit ou prix libre ; le filtre « free » isole les titres sans paiement obligatoire.
Homebrew Hub (hh.gbdev.io) Archive communautaire des scènes Game Boy, Game Boy Advance et NES 1 568 entrées à ce jour, jouables dans le navigateur avant téléchargement.
PDRoms (pdroms.de) Homebrew et domaine public, toutes machines 2 530 fichiers pour 46 plateformes, du Commodore 64 à la Switch.
Sites personnels des auteurs Jeux et code source, parfois introuvables ailleurs La page de Shiru regroupe ainsi ses neuf productions NES gratuites et leurs sources.
GitHub et forges libres Projets ouverts : µCity, Tobu Tobu Girl, moteur Butano ROM compilée dans les versions publiées, ou à compiler soi-même.

Les concours annuels, la meilleure source de nouveautés

Si vous ne suivez pas la scène au quotidien, les concours suffisent : ils concentrent l'année sur une page, et leur règlement impose souvent la gratuité.

La Game Boy Competition du collectif gbdev est la plus fournie. Éditions 2021, 2023 et 2025 documentées ; celle de 2025 s'est tenue du 31 mai au 31 août et a réuni 113 soumissions, jeux, démos, cartouches musicales et outils. Son règlement exige que chaque participation soit gratuite pour le public, pas seulement pour le jury. Côté Game Boy Advance, gbadev.net a organisé les GBA Jam 2021 et 2022, d'où sortent plusieurs titres de cette sélection. Les scènes NES, SNES et Mega Drive ont les leurs, annoncés sur leurs forums.

Les installer sur votre console

Un homebrew se copie comme n'importe quel fichier : dans le dossier du système visé, avec l'extension attendue. Un .nes dans le dossier NES, un .gb ou .gbc dans le dossier Game Boy, un .sfc dans le dossier SNES. Nous détaillons l'arborescence firmware par firmware dans notre guide de transfert des jeux, et les causes d'échec au lancement dans mon jeu ne se lance pas.

Deux points propres au homebrew. Certains titres sortent en plusieurs variantes dans la même archive, avec ou sans sauvegarde, ROM standard ou écran large : le fichier texte joint précise laquelle prendre. Et quelques jeux poussent le matériel assez loin pour révéler les faiblesses d'un émulateur ; si l'un rame ou affiche de fausses couleurs, essayez un autre cœur avant d'accuser le fichier.

Vérifiez la carte avant d'accuser le jeu. Une ROM de 32 ko qui se lance une fois sur deux vient rarement du jeu : une carte microSD de mauvaise qualité produit ce symptôme. Notre article sur le choix de la carte microSD explique comment la tester.

Ce que le homebrew ne remplace pas

Soyons honnêtes sur les limites. Un jeu écrit par une personne seule n'a ni la durée de vie ni la finition d'une production commerciale de l'époque : beaucoup se terminent en vingt minutes, certains sont des exercices techniques avant d'être des jeux. En contrepartie, ils sont courts et souvent plus inventifs que ce que le marché autorisait alors, ce qui convient à une console qu'on allume dix minutes dans le train.

Le homebrew est-il vraiment légal ?

Oui, dès lors que c'est l'auteur qui le distribue : il détient les droits sur son code, ses graphismes et sa musique, et choisit de vous les remettre. La seule vigilance porte sur les jeux qui reprennent des personnages ou des marques appartenant à d'autres. Ceux-là existent aussi, et leur situation diffère.

Ces jeux tournent-ils sur ma console rétro portable ?

Oui, ce sont des ROM ordinaires pour les émulateurs concernés. Une console Linux d'entrée de gamme lance sans difficulté Game Boy, Game Boy Color, NES, Master System, Game Boy Advance, PC Engine, Mega Drive et SNES. Seules les entrées Nintendo 64 et Dreamcast de cette liste demandent une machine plus rapide, côté consoles Android.

Faut-il payer quelque chose ?

Non. Les cinquante titres se téléchargent sans payer, et beaucoup sont en prix libre : le champ de paiement accepte zéro. Si un jeu vous occupe plusieurs soirées, laisser deux ou trois euros à son auteur reste la meilleure façon de faire durer la scène. Quelques-uns ne sont gratuits qu'en démo, c'est signalé.

Comment reconnaître une source fiable ?

Une source fiable nomme l'auteur et renvoie vers sa page. La page d'un développeur sur itch.io, le dépôt d'un projet libre ou une archive identifiée comme Homebrew Hub répondent à ce critère. Un site qui mélange homebrew et jeux commerciaux dans le même catalogue n'y répond pas.

Le homebrew peut-il abîmer ma console ?

Un jeu chargé par un émulateur ne présente aucun risque : il s'exécute dans l'émulateur, pas sur le matériel. Sur console d'origine avec cartouche flash, le risque reste théorique pour un jeu terminé ; une version de test peut bloquer la machine, un redémarrage suffit.

Où trouver les nouveautés une fois cette liste épuisée ?

Les pages de résultats des concours sont le meilleur point d'entrée : une année de production y est classée par le jury, liens compris. Suivre trois ou quatre auteurs dont vous avez aimé un jeu donne le même résultat, la plupart publiant une nouveauté par an.

Une carte remplie de homebrew, c'est une bibliothèque entièrement à vous, sans question sur l'origine des fichiers. Si vous cherchez la machine qui ira avec, notre rayon des consoles rétro portables précise pour chaque modèle les systèmes qu'il émule réellement.

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