Carte microSD posée sur une console portable rétro à plat, écran éteint

ROCKNIX est une distribution Linux dédiée aux consoles portables de rétro gaming. Elle remplace le firmware d'usine et apporte une interface unifiée, des émulateurs à jour et une couverture matérielle très large : Anbernic, Powkiddy, Ayn, Retroid, AYANEO, GameForce, Hardkernel, MagicX et plusieurs clones sans marque. Le projet est un fork de JELOS, dont il a repris le code après l'arrêt de ce dernier.

L'installation n'est pas compliquée, mais une étape fait trébucher beaucoup de monde au premier essai : sur les machines Allwinner H700, il faut copier soi-même un fichier device tree avant le tout premier démarrage. Voici la marche à suivre, vérifiée sur la documentation officielle du projet en août 2026.

À qui s'adresse ROCKNIX

Les développeurs sont clairs : le projet est fourni « tel quel », sans support formel, et se décrit comme une distribution de bricoleur. Pas de garantie de fonctionnement, et une documentation encore en chantier par endroits.

ROCKNIX convient donc si vous acceptez de lire une page de wiki, de comparer un numéro de modèle et de recommencer une manipulation en cas d'échec. Sinon, le firmware d'origine fait déjà le travail, et nos fiches indiquent l'état de chaque console à la livraison — prête à jouer, ou à configurer.

Notre guide général sur les firmwares personnalisés compare muOS, Knulli, ArkOS, ROCKNIX et Batocera. Cet article-ci ne traite que de ROCKNIX.

Quelles machines du catalogue sont prises en charge

La couverture matérielle est l'un des points forts du projet : la liste officielle dépasse la soixantaine de machines. Voici la situation pour les consoles que nous vendons.

Machine Puce Prise en charge Étape device tree
Anbernic RG35XX Pro, RG35XX H, RG35XX SP, RG28XX, RG34XX, RG40XX H, RG 40XXV, RG CubeXX Allwinner H700 Oui, image H700 Oui, obligatoire
Anbernic RG353V RockChip RK3566 Oui, image RK3566 Generic Non
Powkiddy RGB20S RockChip RK3326 Oui, image RK3326 version b Non
Powkiddy X55 RockChip RK3566 Oui, image RK3566 Specific Non
AYN Odin 2 Portal, AYN Thor Snapdragon 8 Gen 2 (SM8550) Oui, image SM8550 Non
Retroid Pocket 5, Pocket 6, Pocket Flip 2 Snapdragon Oui, image indiquée sur la fiche Non
TrimUI Brick et Smart Pro, MagicX Zero 40, Miyoo Mini Plus, Anbernic RG556, RG557, RG 477M, RG406V Allwinner A133 / A523, SigmaStar, Unisoc T820, Dimensity Non

Des images x86 existent aussi pour les consoles Windows. Vérifiez la liste à jour sur la page Devices du projet, complétée par notre tableau de compatibilité firmware.

Ce que ROCKNIX apporte par rapport au firmware d'origine

Une seule interface pour tout. ROCKNIX utilise EmulationStation, avec scraper intégré pour les jaquettes, thèmes, collections, shaders et overlays. Le firmware d'usine d'Anbernic, lui, mélange plusieurs interfaces selon le système émulé.

Des mises à jour régulières. Depuis le début de 2026, le projet publie une image le premier jour de chaque mois : 20260601, 20260701, 20260801. Le rythme était plus irrégulier auparavant. La version la plus récente au moment où nous écrivons est la 20260801.

Le réseau et les services en ligne. Wi-Fi, partage Samba, SSH, netplay, RetroAchievements et synchronisation des sauvegardes vers le cloud sont intégrés. Les firmwares d'usine sont bien plus limités sur ce terrain.

En contrepartie, vous perdez le prêt-à-jouer, la partition principale est en ext4 donc illisible depuis Windows sans logiciel tiers, et vous devenez responsable de votre installation. C'est un échange, pas un gain gratuit.

Ce qu'il vous faut avant de commencer

  • Une seconde carte microSD de qualité, et un lecteur de cartes fiable. Une carte lente ou contrefaite provoque des plantages qu'on met des heures à diagnostiquer : voir notre guide des cartes microSD.
  • Un logiciel d'écriture d'image. La documentation cite Rufus, Raspberry Pi Imager, Win32 Disk Imager, ou dd en ligne de commande. Le projet publie aussi son propre outil, ROCKNIX Image Burner, sous Windows uniquement : vous choisissez le fabricant et le modèle, puis « Write Image to Drive ».
  • De quoi décompresser un fichier .gz.
La règle d'or. Installez ROCKNIX sur une seconde carte microSD et rangez la carte d'origine intacte, sans y toucher. C'est votre marche arrière : en cas de problème, vous remettez la carte d'usine et la console redevient ce qu'elle était. Écraser la carte fournie pour « gagner » une carte est la plus mauvaise économie possible.

L'installation pas à pas

  1. Identifiez votre modèle exact, pas la famille. Une RG35XX Plus, une RG35XX H et une RG35XX Pro ne prennent pas le même fichier device tree. Le nom complet est imprimé sur la boîte et au dos de la console.
  2. Téléchargez l'image sur le site officiel. Passez par la fiche de votre machine sur rocknix.org, qui pointe vers la bonne image, ou par la page des versions du dépôt ROCKNIX/distribution sur GitHub, section « Installation Package Downloads ». Le nom suit le schéma ROCKNIX-PLATEFORME.aarch64-DATE.img.gz. Pour les H700, deux variantes existent, DDR3 et DDR4 ; la documentation ne dit pas comment choisir, à confirmer selon la version — si la console ne démarre pas, essayez l'autre.
  3. Vérifiez la somme de contrôle. Les versions récentes publient une empreinte à côté des images. Comparez-la avec celle que vous calculez : certutil -hashfile fichier.img.gz SHA256 sous Windows, shasum -a 256 fichier.img.gz sous macOS et Linux. Un téléchargement tronqué donne une carte qui semble écrite et ne démarre jamais.
  4. Décompressez puis écrivez l'image sur la seconde carte microSD. L'opération efface intégralement la carte.
  5. Machines Allwinner H700 : copiez le device tree. Voir ci-dessous. Ne démarrez pas la console avant de l'avoir fait.
  6. Éjectez proprement la carte via la fonction d'éjection de votre système. La documentation est explicite : sauter cette étape peut rendre la carte non amorçable, et il faut alors tout reprendre depuis l'écriture de l'image.
  7. Premier démarrage. Console éteinte, insérez la carte et allumez. ROCKNIX déroule sa séquence d'installation, redémarre, puis arrive sur EmulationStation. Sur certaines machines il faut d'abord donner la priorité à la carte SD dans l'ordre de démarrage ; la fiche de la machine le précise.

L'étape device tree sur Allwinner H700

C'est la particularité de toutes les Anbernic à puce H700, soit la majorité des consoles Linux du catalogue. La documentation officielle est nette : ces machines demandent des manipulations manuelles après l'écriture de l'image et avant le premier démarrage. Elles ne se font qu'une fois et ne sont pas nécessaires pour les mises à jour.

Ouvrez la partition nommée ROCKNIX : elle contient un dossier device_trees. Repérez le fichier de votre modèle, copiez-le à la racine de cette même partition, puis renommez la copie en dtb.img, en minuscules.

Modèle Fichier à copier
RG28XX sun50i-h700-anbernic-rg28xx.dtb
RG34XX sun50i-h700-anbernic-rg34xx.dtb
RG34XX SP sun50i-h700-anbernic-rg34xx-sp.dtb
RG35XX 2024 sun50i-h700-anbernic-rg35xx-2024.dtb ou sun50i-h700-anbernic-rg35xx-2024-rev6-panel.dtb
RG35XX Plus sun50i-h700-anbernic-rg35xx-plus.dtb ou sun50i-h700-anbernic-rg35xx-plus-rev6-panel.dtb
RG35XX H sun50i-h700-anbernic-rg35xx-h.dtb ou sun50i-h700-anbernic-rg35xx-h-rev6-panel.dtb
RG35XX Pro sun50i-h700-anbernic-rg35xx-pro.dtb
RG35XX SP sun50i-h700-anbernic-rg35xx-sp.dtb ou sun50i-h700-anbernic-rg35xx-sp-v2-panel.dtb
RG40XX H sun50i-h700-anbernic-rg40xx-h.dtb
RG40XX V sun50i-h700-anbernic-rg40xx-v.dtb
RG CubeXX sun50i-h700-anbernic-rgcubexx.dtb

Les deux révisions indiscernables

Vous avez remarqué les doubles entrées. Sur la RG35XX 2024, la RG35XX Plus et la RG35XX H, il existe deux fichiers selon la révision de la carte électronique, et la documentation le dit franchement : impossible de connaître la différence sans ouvrir la machine. Même logique sur la RG35XX SP avec la variante v2-panel.

La méthode est donc empirique. Prenez le fichier standard. Si l'écran affiche une image incohérente au démarrage, éteignez par un appui long de dix secondes sur le bouton d'alimentation, réécrivez l'image et recommencez avec l'autre fichier. Ce n'est pas élégant, mais c'est la procédure officielle, et cela coûte un quart d'heure.

La configuration après installation

Le menu principal d'EmulationStation s'ouvre avec la touche Start. Les réglages à faire dans la foulée.

  • Langue. Le français est disponible dans les réglages de l'interface. La traduction est correcte sur l'essentiel, plus inégale dans les menus avancés.
  • Wi-Fi. À activer tout de suite : il conditionne le scraper, les mises à jour en ligne et le partage réseau.
  • Boutons. La manette intégrée est détectée au premier démarrage. Le remappage se fait ensuite depuis l'interface, et séparément dans RetroArch pour les réglages par système. Le projet déplace actuellement la documentation des commandes vers les fiches de chaque machine, et tout n'y est pas encore.
  • Veille et autonomie. Réglez la mise en veille et, si la machine le permet, la fréquence du processeur : sur RG35XX Pro, il tourne à 1,4 GHz et peut être poussé à 1,5 GHz.
  • Identifiants réseau. Samba et SSH utilisent par défaut l'utilisateur root et le mot de passe rocknix. Changez-les si la console est sur un réseau partagé.

Où placer vos jeux

Tout part d'un dossier roms, qui contient un sous-dossier par système émulé, et où se rangent aussi les fichiers de BIOS attendus par certains émulateurs.

Sur les machines à deux emplacements, comme la plupart des Anbernic H700, insérez une carte formatée en FAT32, exFAT, ext4 ou btrfs dans le second : le dossier roms y est créé automatiquement au démarrage. Sur une machine à un seul emplacement, activez l'autodétection de la carte de jeux dans les réglages système avant d'insérer la carte.

Le détail des noms de sous-dossiers et des différences entre firmwares est dans notre article sur l'arborescence des jeux.

Rappel : télécharger une ROM est une contrefaçon, même si vous possédez la cartouche d'origine. Nous ne fournissons ni fichiers ni adresses. Notre page Où jouer légalement recense les sources autorisées.

Le piège le plus fréquent

C'est l'oubli, ou le mauvais choix, du fichier device tree sur H700. La carte est correctement écrite, la console s'allume, rien ne s'affiche. Le réflexe est de suspecter la carte SD ou l'image, et de tout recommencer à l'identique — pour le même résultat.

Trois vérifications dans l'ordre : le fichier a-t-il été copié à la racine de la partition ROCKNIX, et non laissé dans device_trees ; est-il bien renommé dtb.img en minuscules, sans extension .dtb cachée ajoutée par Windows ; correspond-il bien à votre modèle exact. Si les trois sont bons, c'est la révision de carte électronique : essayez l'autre fichier.

Deuxième piège, plus discret : retirer la carte sans passer par l'éjection du système peut la rendre non amorçable.

Mettre à jour vers une version ultérieure

L'étape device tree ne se refait pas : elle n'a lieu qu'à l'installation.

Depuis la console. Touche Start, réglages système, section de mise à jour, puis lancement. Vous pouvez consulter le journal des modifications avant de valider. Le Wi-Fi doit être configuré.

Manuellement. Téléchargez le fichier .tar de votre plateforme dans la section « Update Package Downloads », puis copiez-le dans /storage/.update, par SCP ou via le partage réseau « update ». Redémarrez : la mise à jour s'applique seule.

Les versions de développement circulent sur le Discord du projet. Elles ne contiennent pas les identifiants du scraper ni de RetroAchievements : ces deux fonctions n'y marchent pas. Réservez-les au test.

Revenir en arrière

Si vous avez respecté la règle d'or, il n'y a rien à faire : éteignez la console, remettez la carte microSD d'origine, rallumez. Le firmware d'usine repart comme avant, avec ses sauvegardes.

Si vous avez écrasé la carte d'origine, il faut retrouver l'image officielle du firmware sur le site du fabricant et la réécrire. C'est faisable, mais les fabricants ne les archivent pas toujours longtemps. D'où la règle d'or.

Dans les deux cas, récupérez vos sauvegardes avant de basculer : elles ne sont pas partagées entre les deux systèmes.

Questions fréquentes

ROCKNIX efface-t-il le firmware d'origine de ma console ?

Non, si vous l'installez sur une seconde carte microSD. Sur ces machines, le système démarre depuis la carte : changer de carte revient à changer de système. Le firmware d'usine n'est touché que si vous choisissez explicitement l'installation en mémoire interne, ce qui n'est pas la procédure décrite ici.

Mon écran affiche n'importe quoi au premier démarrage, la console est-elle cassée ?

Non. Sur une machine H700, c'est presque toujours le fichier device tree : manquant, mal nommé, ou celui de l'autre révision de carte électronique. Éteignez par un appui long de dix secondes, réécrivez l'image et reprenez l'étape avec l'autre fichier.

Faut-il refaire l'étape du device tree à chaque mise à jour ?

Non. La documentation officielle précise que ces manipulations ne sont à faire qu'une fois, à l'installation. Une mise à jour par le menu ou par fichier .tar conserve votre configuration.

Pourquoi ma carte ROCKNIX n'apparaît pas sous Windows ?

La partition principale est en ext4, un format que Windows ne lit pas nativement. Seule la partition de démarrage, celle où vous copiez dtb.img, reste visible. Pour transférer vos jeux, passez par Samba, par SSH, ou par une seconde carte en FAT32 ou exFAT.

ROCKNIX rend-il ma console plus puissante ?

Pas au sens matériel. Des cœurs d'émulation plus récents et un réglage de fréquence accessible donnent un peu de marge, mais les paliers ne changent pas : une machine Linux H700 reste sur SNES et antérieur, PlayStation 1 et Nintendo DS. La PS2 et la GameCube demandent une console Android puissante, quel que soit le système installé.

Que faire si ma console n'est pas dans la liste ROCKNIX ?

Il n'y a pas de contournement : sans build officiel pour votre puce, l'image ne démarrera pas. C'est le cas des TrimUI en Allwinner A133, des Miyoo en SigmaStar et des Anbernic Android récentes. Elles ont d'autres systèmes adaptés, présentés dans notre panorama des firmwares alternatifs.

Pour aller plus loin

L'étape device tree n'est qu'un détail de procédure : elle ne doit pas peser dans le choix d'une machine. Regardez d'abord la taille de l'écran, l'autonomie et les systèmes visés. Nos machines compatibles ROCKNIX sont regroupées dans la collection consoles rétro Linux, et chaque fiche indique la puce exacte, donc l'image à télécharger.

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